production en cours


Paysage des enfers : Phase V
Exploration Musicale Immersive

Musique: Gérard Hourbette, Musique additionnelle :  Kasper T Toeplitz

Direction artistique et musicale : Kasper T . Toeplitz
Chorégraphie : Myriam Gourfink
Images, lumière, scénographie : Laura Mannelli

 


Production en cours pour création fin 2021


"Paysages des Enfers", ultime musique laissée par Gérard Hourbette, enregistrée dans le coffret Phase V, est une sorte de manifeste, de Total Recall, comme avait pu être dans un autre contexte l'album Phase IV ...
La musique a été partiellement utilisée de son vivant sur un projet de réalité virtuelle  Near Dante Expérience avec Laura Mannelli, distingué dans de nombreux événements dont Laval Virtual...

En parallèle, une envie de concert, de spectacle, laissée en vrac, amorcée en 2013 avec Kasper T Toeplitz, déjà...et Myriam Gourfink... une volonté de faire de la musique à deux sur scène, un duo improbable, pour un autre musique...

"Paysages des enfers" a déjà une longue histoire, avec une volonté forte de construction d'un paysage sonore pour le spectacle vivant, de re-positionnement de la musique face à son public, de son écoute, de sa violence et de ses possibles.

Un énorme ventilateur resté au studio Art Zoyd, des mannequins, la volonté d'introduire des instruments acoustiques graves des métaux, des percussions... des vents... mais aucune partition pour cela...

Une recherche scénique d'immersion sonore et visuelle forte et comme toujours en filigrane, cette idée de passage, de disparition, de transparence et de double monde....
Gérard Hourbette aimait " les chemins qui menaient ailleurs", il aimait les fausses pistes, les brisures, il aimait aussi K Dick " Je suis vivant et vous êtes morts", mais quel est cet enfer où nous ne savons plus de quel côté nous sommes ?

Nous menons aujourd'hui cette ultime production, la musique du "Gong de la fin", comme il l'avait écrit dans son texte de présentation...

Notre héritage, et aussi notre avenir...qui marquera la fin d'un chemin et le début d'un autre, la parole d'un homme, d'un compositeur, qui se savait en train de disparaître, et qui revendiquait le droit pour la musique d'exister autrement.

J'ai invité Kasper T Toeplitz et Myriam Gourfink, à reprendre ce projet de 2013, avec Laura Mannelli et d'imaginer une oeuvre nouvelle avec cette musique que Gérard Hourbette, souhaitait "au centre" du propos global et de poursuivre cette aventure...même si leur copain leur a fait la mauvaise blague de s'en être allé, sa musique est elle, toujours bien vivante.

Monique Hourbette-Vialadieu mai 2019

 

 

Plus qu'un concert avec sa délimitation stricte de l'espace de jeu d'une part et de l'espace des spectateurs, n'autorisant qu'une seule vision et conséquemment une linéarité du déroulement, cette "Dramaturgie musicale" qu'est le projet "Paysage des enfers" se propose au contraire d'opérer une immersion de l'auditeur dans la matière musicale, qu'il pourra ensuite modeler tant dans son essence que dans sa durée par ses déplacements, libres, dans un espace global constitué de 4 ou 5 "zones" qui - selon les lieux - pourront être clairement délimitées par l'architecture ou au contraire laissées invisibles, seul les paysages sonores les différenciant, avec fatalement des frontières floues, passages entre les mondes où diverses musiques se mélangent.

Ces musiques auront deux origines : d'une part le projet enregistré "Phase V", ou plus précisément la longue suite "Paysage des enfers", une des dernières compositions de Gérard Hourbette rendue ici dans sa dimension "acousmatique" – diffusion en "live" d'un matériau sonore existant, non pas tel qu'il existe sur le disque (qui n'est qu'une des versions possibles de ce matériau) mais en une sorte de dé-construction de la composition, proposition d'une autre écoute, d'autres superpositions, d'une autre re-construction (ce qui ne sera pas nouveau dans le travail de Hourbette, puisque c'est cette méthodologie que nous avons mise en place dés l'an 2000 pour le projet "Métropolis" de Art Zoyd).

Une couche musicale additionnelle sera jouée en direct, par un petit ensemble de musiciens (probablement quatre) jouant d'instruments graves (et probablement électriques sinon électroniques : ceci permettant de projeter le son joué dans n'importe quel endroit de l'espace et non plus obligatoirement à proximité du musicien). Cette partie – composée par moi-même pour ce projet – sera elle aussi ajoutée aux musiques diffusées dans les diverses zones de l'espace ; et la distanciation des musiciens, rendu possible par l'électricité et l'amplification, contribuera également à la volonté de mettre la musique seule au centre de ce "Paysage des enfers".

Mai 2019, Kasper T. Toeplitz

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"Le noir et le blanc dominent sans qu'il soit possible de discerner la moindre couleur, comme dans les rêves où celle-ci aurait disparu, aussi pour mieux dissocier le monde des vivants du monde des fantômes.

Dante est parti au monde des fantômes, pas seulement de quelques revenants mais dans un pays habité de foules d'ombres et de spectres, d'humanités hurlantes comme dans des tempêtes immenses dans des lieux abandonnés par la lumière divine.
On pense à Jérôme Bosch bien sûr, mais on pense aussi à nos propres rêves, hantés par nos servitudes, nos remords et nos obsessions.

Chaque lieu est défendu par un obstacle à franchir. Cet obstacle peut être la représentation d'un personnage, ou un monstre ou un phénomène.
L'idée, fil rouge de notre opéra, est aussi que l'enfer est aujourd'hui, maintenant, à l'intérieur de nos vies sur terre, de nous-mêmes et de nos gangrènes : notre désir de pouvoir ou de richesse, de notre fausse humanisme, à l'intérieur de nos angoisses.
Tout cela finalement ne serait donc qu'un jeu ou un rêve. Et que dans les jeux (et les rêves) tout se termine par le réveil ou le gong de fin.
 Le but de ce projet est aussi d'inventer ou perpétrer (renforcer) une nouvelle forme d'art vivant, entre espaces virtuels interactifs, musique en direct et voix artificielles ou préenregistrées, spatialisation sonore active, performance : figurants – fantômes,  musiciens, objets déplacés, lumière et ombre."

Gérard Hourbette - Décembre 2017