BEATRIX

Dans la forêt obscure, s’enfoncer dans la terre.
Traverser la terre et descendre aux Enfers.
Descendre les niveaux des Enfers, dans la splendeur et l’horreur. 
Traverser la déchéance et l’abjection, traverser la douleur et la honte,
traverser la boue et la glace. 
Au fond est le trou noir et l’espoir peut-être d’atteindre les étoiles. 
La descente en spirale des niveaux des Enfers, dans la splendeur et l’horreur - comme une métaphore de la vie.
Ce que l’on touche (du doigt ou du regard) deviendra poussière : splendides nuées de particules, nuages de sauterelles carnivores voraces, ciels de cendres et flammèches, pluie de lettres, pollens dorés asphyxiants, cyclônes de lucioles aveuglantes, météorites, poussières d'étoiles.
La musique, ou le son, est un grouillement de textures, souffles, micro-éboulis, simples brillances, une superposition en multiples couches autonomes, bien plus qu’un quelconque travail contrapuntique. Les différentes matières peuvent soit suivre le voyageur, comme perchés sur son épaule, ombres mouvantes mais toujours présentes, ou alors se nicher dans des recoins des paysages traversés et observer de là, dans l’immobilité complète, le passage des autres, qui peut créer des résonances en fonction de la rapidité de ces passages, des formes et directions qu’ils peuvent prendre. Cette immobilité n’est toutefois jamais inerte, puisque toujours soumise à des processus de vieillissement, de dégradation progressive : soumise au passage du temps.
Dans une création plastique mêlant iconographie et archives du réel à la création 3D, dans une création sonore du souffle et des résonances, un voyage vertical dans le vertige de la fin du monde.
Projet VR dans le cadre d’Immersion Dante
musique Kasper Toeplitz
images Dominik Barbier
réalisateur d’informatique Musicale Oudom Southammavong
avec l’aide de l’université Jean Monnet de Saint Etienne, masters Rim et Ran