In-ferno


Production 2019/2020

Une musique, "Paysages des Enfers" enregistrée dans le coffret Phase V, des envies dont nous avions parlé et notamment celle d'un spectacle total, immersif, violent où la musique pourrait être reine, enfin !!!

Des images, un énorme ventilateur resté au studio, des envies de corps sur scène, de danseurs ? D'instruments acoustiques graves des métaux, des percussions... des vents...

Une volonté d'immersion sonore et visuelle forte et comme toujours en filigrane, cette idée de passage, de disparition, de transparence et de double monde....

Gérard Hourbette aimait " les chemins qui menaient ailleurs", il aimait les fausses pistes, les brisures, les illusions et la magie du théâtre, les artifices, si bruyants et magiques,  il aimait aussi K Dick " Je suis vivant et vous êtes morts", mais quel est cet enfer où nous ne savons plus de quel côté nous sommes ?

J'ai confié cette musique à Eric Travers, rencontré au départ dans nos multiples aventures avec le groupe F en le laissant avec les quelques mots qui restaient dans l'ordinateur de Gérard et sa musique...

Monique Hourbette-Vialadieu (juillet 2018) 


Chaque scène de l'opéra est entrelacée et prédéterminée dans un espace virtuel organisé. Chaque scène est donc la représentation d'un « jeu » (au sens médiéval) déjà accompli,  projeté sur un immense écran  englobant la totalité du plateau. Une porte, un gouffre, un marais, une cascade, une grotte, immanquablement emporte le spectateur plus loin à l'intérieur de l'opéra…

Le noir et le blanc dominent sans qu'il soit possible de discerner la moindre couleur, comme dans les rêves où celle-ci aurait disparu, aussi pour mieux dissocier le monde des vivants du monde des fantômes.

Dante est parti au monde des fantômes, pas seulement de quelques revenants mais dans un pays habité de foules d'ombres et de spectres, d'humanités hurlantes comme dans des tempêtes immenses dans des lieux abandonnés par la lumière divine.

On pense à Jérôme Bosch bien sûr, mais on pense aussi à nos propres rêves, hantés par nos servitudes, nos remords et nos obsessions.

Chaque lieu est défendu par un obstacle à franchir. Cet obstacle peut être la représentation d'un personnage, ou un monstre ou un phénomène.

L'idée, fil rouge de notre opéra, est aussi que l'enfer est aujourd'hui, maintenant, à l'intérieur de nos vies sur terre, de nous-mêmes et de nos gangrènes : notre désir de pouvoir ou de richesse, de notre fausse humanisme, à l'intérieur de nos angoisses.

Tout cela finalement ne serait donc qu'un jeu ou un rêve. Et que dans les jeux (et les rêves) tout se termine par le réveil ou le gong de fin.

Le but de ce projet est aussi d'inventer ou perpétrer (renforcer) une nouvelle forme d'art vivant, entre espaces virtuels interactifs, musique en direct et voix artificielles ou préenregistrées, spatialisation sonore active, performance : figurants – fantômes,  musiciens, objets déplacés, lumière et ombre.

Enfin le défi sera aussi de tester à quel point l'art du son (la musique) peut être brutal, violent et extrême.

Cela posera le problème du public : Y a-t-il encore un public pour la musique quand elle dépasse les normes de la bienséance et du confort ? Et de la signification ? Et quel public ? Où ? Et pourquoi la musique, à l'instar d'autres « écritures », ne pourrait être une représentation d’un monde « difficile » au contraire d’un quelconque « papier peint sonore ».

Gérard Hourbette

projet pour projection de réalité virtuelle, corps, instruments graves, percussions & colonnes sonores 

MusiqueGérard Hourbette
Mise en Scène : Eric Travers
Images : Laura Mannelli &...
Livret : "Inferno" de Dante Alligheri
Développement interactif et Binaural :  Oudom Southammavong
Lumière en cours
Son : Pierre Sampagnay