Bruno Giner

Prix Hervé Dugardin décerné par la SACEM, 1998
Prix Paul-Louis Weiller décerné par l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France, 2014


Né à Perpignan en 1960, Bruno Giner a étudié la composition avec Ivo Malec, Luis de Pablo et Brian Ferneyhough. Exigeante et généreuse, librement influencée par toutes sortes de styles musicaux passés et/ou présents, savants ou populaires, sa musique dégage une véritable  énergie souvent associée à une forme de virtuosité. Son travail, empirique, sculpté à même la matière sonore, est volontairement structuré par la formalisation d'une écriture rigoureuse autant que subtile.
​Sur l’ensemble de sa production, il est à noter une prédilection pour les instruments de percussion : Cinq études de peaux (1995/2000), Images de peaux pour cinq percussionnistes (1996), Clameurs, concertino pour deux percussions et sept instruments à vent (2006), Yoshihisa (in memoriam) pour marimba (2009), Rauxa pour accordéon et deux percussions (2014), Eclats de peaux pour 3 percussionnistes et deux grosses caisses symphoniques (2017) ainsi que pour les instruments à cordes : Contours pour violon et marimba (1994), Kern pour contrebasse (1995), Ptyx pour violon et cymbalum (1996), Plainte pour basse de viole (2007), plusieurs quatuors à cordes, Extra pour octuor de violoncelles (2008), Fantasy upon four Notes pour quatuor de violes de gambe (2014).

Son goût affirmé pour les petites formations de chambre comme le trio pour clarinette, violoncelle et piano Ten (version 1), Adagietto pour flûte en sol, violoncelle et piano (1996), Paraphrase sur « Guernica » de Paul Dessau (2002), Ambos pour 2 cors (2013), DIY pour deux saxophones barytons (2015) ou encore son opéra de poche Charlie, d’après la nouvelle de Franck Pavloff Matin brun, ne l’empêche pas de signer plusieurs œuvres orchestrales : Akkord (1992), Concerto pour violoncelle (2001), Rêve de la rue Rosa Bonheur (2008), Pion prend Tour en D9(opéra de chambre sur une nouvelle d’Hervé Le Tellier, 2012), Stèles, concerto pour quintette à vent et grand orchestre d'harmonie (2017).
Aujourd’hui, son écriture affectionne le mélange de différents modes de jeux avec des éléments plus traditionnels, de façon à forger un langage personnel et métissé où se côtoient  librement atonalité, modalité, chromatisme, modes de jeux et textures sonores.

​Depuis une vingtaine d’années, ses œuvres (publiées par les Éditions Durand, François Dhalmann puis Delatour) sont programmées dans différents festivals français et internationaux
​Parallèlement à ses activités compositionnelles, Bruno Giner a régulièrement collaboré à différentes revues musicales, encyclopédies ou labels discographiques (The New Grove, La Lettre du Musicien, Les cahiers du CIREM, Musica falsa, Motus, Gallo). Par ailleurs, il signe plusieurs livres qui reflètent quelques-unes de ses préoccupations musicologiques.

http://brunoginer.wixsite.com/brunoginer

QUELQUES IMAGES DU CONCERT DE CLÔTURE (nov. 2018)

COMMANDES PÉDAGOGIQUES / CRR d’Amiens

Projet de commandes pédagogiques pour saxophone et électronique, en partenariat avec le CRR d’Amiens - Premier compositeur en résidence : Bruno Giner

> résidence fin août 2018

Au milieu des années 1980, jeune professeur à Amiens, je constatai l'absence d'œuvres contemporaines à difficultés limitées pour saxophone ... et donc l'impossibilité de se familiariser avec ce répertoire (styles, techniques, ...) avant d'aborder les très difficiles œuvres de concert. J'entrepris alors un projet de collaboration avec la compositrice Marie-Hélène Fournier, afin de concevoir de véritables œuvres (non pas de simples exercices) où le langage propre du compositeur  soit reconnaissable, mais où la partie instrumentale de saxophone serait calibrée pour les divers niveaux de progression des élèves.

Un corpus d'une trentaine de pièces, la plupart éditées depuis, est ainsi né et cette collaboration s'est élargie à d'autres compositeurs/trices. Une des options de formations retenues était alors la musique mixte avec bande magnétique (on dira aujourd'hui sons fixés), car elle permettait de transférer à la partie électroacoustique les souhaits compositionnels qui ne pouvaient  être réalisés par l'élève.

Depuis, de nombreuses œuvres de toutes esthétiques ont vu le jour, et il est plus aisé désormais de jouer des compositeurs actuels avant d'avoir atteint le stade du soliste émérite. Le travail de Claude Georgel en collaboration avec le Festival Music'Action de Vandœuvre les Nancy,  publié dans la collection Vent de Sax est un modèle de cohérence qui a fourni un solide corpus de pièces (4 par compositeur, couvrant tous les cycles des Conservatoires) qui sont désormais devenues des classiques des examens...

Cependant cette collaboration a cessé. Il est pourtant nécessaire que ce travail perdure, pour que les esthétiques de nouveaux compositeurs soient également proposées à la découverte. C'est pourquoi la proposition d'Art Zoyd d'une commande pédagogique pour ma classe du CRR d'Amiens m'a particulièrement intéressé : elle me permet de renouer avec un travail de collaboration que j'affectionne beaucoup, et de reprendre le flambeau de l'exploration de nouveaux répertoires (celui du saxophone reste en grande partie à construire ...)

J'espère ainsi que tous les jeunes saxophonistes sauront développer un goût pour les musiques des compositeurs encore vivants, qu'ils pourront ainsi découvrir tout au long de leur cursus.

Serge Bertocchi, interprète et enseignant au Conservatoire d’Amiens