Les missions

« Art Zoyd Studios » a pour mission de favoriser la conception et la réalisation d’œuvres nouvelles, d’en assurer la diffusion, et de contribuer au développement de la recherche musicale, notamment par la mise au point de nouveaux outils et processus de création, impliquant les technologies de pointe, au-delà, d’inciter la musique à s’intégrer dans l’essor des arts numériques.
Art Zoyd Studios s’efforce de sensibiliser le public aux formes musicales contemporaines et mène des actions, notamment territoriales, à des fins pédagogiques, éducatives ou de démocratisation culturelle.

Aujourd’hui, nous sentons que les besoins, les outils, les matériels, les savoir-faire et pratiques ont changé, d’abord insensiblement (début des années 2000) puis, récemment, de façon radicale, même si toutes les générations de musiciens n’ont pas la même compréhension de ce changement : en effet, de nombreux compositeurs sont encore dans le schéma « commande, écriture, interprètes musicaux », alors que de nouvelles générations sont à la recherche de langages croisés ou partagés, de travail de plateau, et d’autres espaces d’investigation.

Les perspectives et raisons d’être des studios doivent à notre avis sans cesse être réinterrogées, sans s’asseoir sur des acquis ou des certitudes tenant lieu de postulats. Les compositeurs sont de plus en plus artistes au sens large (celui d’une certaine « Renaissance » ?), s’intéressant à la fois, bien sûr à la musique, à sa matière, ses formes, ses technologies, mais aussi à ses mariages, hybridations ou associations avec les arts vivants ou plastiques incluant l’image et les arts vidéo, la VR (réalité virtuelle), les nouveaux médias ou supports (internet, son 3D, casques VR …)

Envie, nécessité ou simplement visions conjuguées : nous constatons de plus en plus qu’un compositeur, artiste d’une génération issue ou architecte de continuels brassages et métissages entre les pratiques, apparaît comme demandeur de savoirs et collaborations, renouvelés ou prototypes. Ce n’est pas que la musique ait cédé du terrain face à d’autres arts « envahissants » ou « envahisseurs », mais bien plutôt que sa place et son rang, sur une scène de concert, dans un théâtre, dans un auditorium, semblent désormais à certains égards étroits ; étroite également d’ailleurs sa faculté de régénération, face à une organisation souvent rigide des instituts musicaux, orchestres, ensembles, fonctionnant sur des schémas hérités.

On pourrait d’ailleurs ajouter ce constat : à savoir que de plus en plus d’artistes, plasticiens, vidéastes, chorégraphes interrogent le « son » ou le langage sonore pour se l’approprier, en composer (ou faire) un des aspects de leurs œuvres, de façon indissociée, sans pour autant « comprendre » (avoir en « perspective ») cet aspect « musique », qui pour nous reste fondamental de l’art d’entendre, d’organiser le temps, et d’écouter – en « regard » justement de l’histoire de cet art.

Cette question de la place de la musique vaut aussi pour les applications du « jeu » ou de la « réalité virtuelle » qui, à leur début, négligent l’aspect sonore et la musique.

Le compositeur doit trouver sa place dans ces nouveaux espaces, à condition de remises en question techniques et artistiques, donc de redéfinition de nouvelles écritures ou paradigmes, et, au-delà, de questionnements sur de futurs « nouveaux » publics.

Notre choix sera donc d’essayer de répondre au plus près à ces interrogations, besoins, hybridations, d’être au plus près un centre ressource pour l’expérimentation des associations, un lieu où l’on peut bénéficier de matériel, de développeurs, de commandes et de résidences.