
Imaginer trois propositions scénographiques radicalement différentes sur la musique de Gérard Hourbette, interprétée en direct par Art Zoyd, liées à lʼunivers désaxé et déroutant, de lʼécrivain américain Philip K. Dick (1928 – 1982) : telle est lʼambition du nouveau projet porté par Art Zoyd.
Le fantasme, la disparition, la distance au réel… ce que lʼon croit tangible… les choses ou les gens qui s’effacent… Autant de thèmes qui ont fait de Philip K. Dick lʼun des auteurs de science-fiction les plus célèbres de la seconde moitié du 20è siècle. Dans des nouvelles telles que Souvenir à vendre ou des romans comme Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (adapté au cinéma sous le titre Blade Runner), Le Maître du Haut Château, Le dieu venu du Centaure ou encore Ubik, Philip K. Dick ne cesse de plonger ses héros dans des mondes aux réalités volatiles, insaisissables et multiples, dans un univers de simulacres et dʼillusions. Rien ne prouve que la réalité telle que nous lʼéprouvons ne soit pas une illusion. Dans ces univers incertains, étranges et déphasés, il est difficile de démêler le vrai du faux, le rêve de la réalité.
Ces thèmes, ces paysages, hantent depuis ses débuts lʼoeuvre musicale de Gérard Hourbette. La référence plus ou moins avouée aux oeuvres de Dick tisse un fil rouge sous-jacent entre de nombreux projets : Simulacres (1976), Cryogenèse – Les portes du futur et Rêve artificiel dans Le mariage du Ciel et de lʼEnfer pour un ballet de Roland Petit (1984), Ubique (2000). Gérard Hourbette sʼempare à nouveau des thèmes de prédilection de Dick pour produire un spectacle immersif. Par ailleurs, depuis plusieurs années, la question de lʼimage est au coeur de ses spectacles, que ce soit dans la création de compositions pour des films ou dans la collaboration avec des vidéastes pour des créations originales.