
Une sorte de retour au plus simple – qui du simple n’a que l’apparence, bien sûr – à la base même du faire de la musique : juste pour parce que. Une façon peut-être de s’ébrouer, et de se placer dans l’essentiel : un regard, une écoute et partir dans des architectures sonores. Une complexité qui doit parler d’évidence.
Kasper T. Toeplitz

Accueilli aux studios Art Zoyd en 2012 pour le projet « Mûller Machines » qui réunit le musicien Kasper T Toeplitz, pas tout à fait inconnu chez Art Zoyd, le comédien Denis Lavant et l’acrobate Cécile Mont-Reynaud

Ce concert s’inscrit parfaitement dans le parcours d’Art Zoyd, qui a toujours aimé les ruptures, prenant souvent son public à contre-pied. Le Champ des Larmes est, de par sa forme même, un spectacle fascinant, parce que ardu, envoûtant et hors normes. Temps de concert étiré, flots d’images et flux de musique, enrobant le public, sont comme une incursion dans les espaces du sommeil.

Nous sommes au XXle siècle. Metropolis est une cité gigantesque, faite de super gratte-ciel au sommet desquels les maîtres vivent dans de somptueux jardins fleuris. Dans les profondeurs ténébreuses de la ville, d’innombrables sous-hommes, à la démarche d’automates, l’échine courbée, travaillent et souffrent en silence, rivés à la machine qui les broie tel le dieu Moloch.

La lenteur, cette lenteur, ou langueur pesante, tout au long du film, mouvements ralentis, visions dédoublées, souffles de vent, hantant la demeure des Usher, ou griffant les paysages, ne dissimule que les frémissements et les palpitations d’un monde clos.
C’est ce monde-là, à l’orée des songes ou de la mort, qui m’intéresse, ou me fascine (…)