L’histoire d’Art Zoyd Studio

C’est en 1987 qu’Art Zoyd décide de créer son propre studio pour consacrer une grande partie de sa recherche aux nouvelles technologies musicales dédiées à la scène. En 1996, Art Zoyd ouvre ses studios à des compositeurs invités et pendant trois années successives invente avec l’Orchestre National de Lille, le Tonkünstler de Vienne et l’Orchestre National de Mexico les « Dangereuses Visions » mêlant instrumentarium électronique, orchestre symphonique et images pilotées par ordinateur sur écrans géants, devant plus de 15000 spectateurs. Il s’associe en 1999 à l’ensemble Musiques Nouvelles de Belgique pour développer le Centre Transfrontalier de Production et de Création Musicales dont le but est notamment la résidence d’artistes et de compositeurs, et l’aide aux projets musicaux innovateurs INSTRUMENTS ET INTERFACES La particularité d’Art Zoyd est l’utilisation d’instruments issus de la scène électronique (claviers, pads, échantillonneurs ou samplers) détournés et poussés à des limites d’utilisation quasi orchestrale, une véritable « machinerie », « orchestres imaginaires », mêlant sons instrumentaux, bruits d’industrie, percussions, voix (…) au service d’une écriture extrêmement architecturée. L’idée est d’animer et de transfigurer – donc d’engendrer – une « nouvelle musique », issue à la fois du rock et des musiques concrètes ou électroacoustiques puisant du premier l’énergie vitale, et de l’ambition des deuxièmes, l’imagination et le fantasme. . UNE MUSIQUE ELECTROACOUSTIQUE EN TEMPS REEL Depuis la rencontre avec d’autres compositeurs (Ferrari, Granular Synthesis, Oerhing, Goebbels, Toeplitz..) et grâce à la multiplicité de partenariats avec des assistants ou développeurs, pour la plupart intervenants aussi à l’Ircam, aux studios de Marseille, Bourges ou Nice, s’est imposée de plus en plus la nécessité de varier, multiplier, et expérimenter de nouvelles interfaces, de nouveaux outils, de nouveaux instruments… C’est d’abord la connexion de l’instrument traditionnel (clavier, percussion, …) directement à l’ordinateur, lui-même de plus en plus puissant, permettant une multiplicité de transformations, d’exécutions de tâches à fonction mathématique, de mises en cascade de filtres complexes, avec un temps de réaction de l’ordre de la milliseconde – ce qu’il est convenu d’appeler « temps réel », opposé au « temps restitué » de la bande magnétique -. C’est aussi l’adoption d’instruments rares comme le theremin ou encore l’usage de capteurs de type infrarouge employant le geste du musicien dans l’espace (Tanaka – DSCP / 2002, La Nuit du Jabberwock – novembre 2002). . . DU STUDIO A LA SCENE L’idée – dans la continuité du travail spécifique d’Art Zoyd – est celle d’un chantier permanent, en aller-retour de la scène au studio, permettant l’exécution variée et perceptible de musiques dont le vocabulaire et la grammaire s’éloignent désormais de façon sensible des schémas traditionnels. CREATION ET PUBLIC Nous pensons qu’il n’y a pas de création sans idée d’aventure. Ni de public. Car la controverse de la création musicale contemporaine porte indubitablement sur son audience. La faute à une diffusion et une imprégnation certes plus que confidentielle, mais aussi peut-être à une sorte d’absence de « vision ». De là, cette sorte d‘ennui que souvent elle dégage, tant par son conformisme à certains rituels de concerts qu’à la mentalité rigide des musiciens qui « l’exécutent ». Il nous semble précisément nécessaire de participer à réinventer de nouveaux codes, de nouvelles immersions, de nouveaux partages, de nouvelles intelligibilités. UN CENTRE DE RESSOURCES, UN OBSERVATOIRE DE DOCUMENTATION ET DE RENCONTRE Donner à une structure d‘artistes, dûment identifiée, une cohérence et une interaction avec différents partenaires en matière de recherche et d’enseignement, de pédagogie et de développement, et enfin de diffusion, nous semble dorénavant fondamental.
 La convergence d’artistes et de pédagogues œuvrant pour les musiques contemporaines pourrait être un des enjeux majeurs de la création actuelle. Car le handicap de tout art vivant semble bien sa transmission et sa pédagogie. Aucune de ses « partitions » ou représentations n’est aisée. Chacune d‘entre elles pose à la fois le problème des signes nécessaires à son exécution, de sa matière et, au-delà, de son « instrumentation » ou de ses outils.
Un espace de ressources, un lieu permanent de recherche, artistique, technique, contribuant à la création d’aujourd’hui, partageant l’information et la documentation, aidant techniquement et matériellement à des projets multiples et renouvelés pourrait en être un des moteurs.
 Cet axe est largement engagé depuis 1999 (« Aide aux projets en Région Nord – Pas de Calais ») dans le but de soutenir des projets diversifiés autour de la création musicale contemporaine, associée à l’art vivant ou à l’image.

Centre de Création Musicale

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