Daniel d’Adamo en résidence du 4 au 8 février

Daniel d’Adamo
Nouvelle pièce pour marimba et électronique
,
commandée par Art Zoyd – CTCM et Césaré – CNCM pour le percussionniste Laurent Mariusse.

© Guillaume Chauvin

 

Les dernières pièces mixtes que j’ai composées sont assez récentes et constituent le cycle The Lips Cycle, que j’achèverai prochainement avec son dernier volet pour alto, harpe et électronique. Ce vaste projet m’a non seulement réconcilié définitivement avec l’électronique dans son lien avec l’instrument acoustique, mais il m’a aussi permis de mener de front un véritable laboratoire de recherche autour de la technique instrumentale et, plus particulièrement, autour des techniques élargies pour la production du son.

Le son riche, le son nouveau, le son surprenant l’est d’autant plus quand il est augmenté par la manipulation électroacoustique / acousmatique. Le lien entre la source instrumentale et son double altéré, parfois jusqu’à l’indépendance totale vis-à-vis de son origine, est renforcé grâce à l’artifice qui nous transforme en véritables luthiers à chaque fabrication sonore, à chaque avatar de l’instrument que nous avons modifié … et ce jusqu’à la nouvelle incarnation que nous susciterons.

Il se trouve que la nouvelle incarnation sur laquelle je travaille actuellement dans les studios de Art Zoyd est celle d’un marimba. Composer une pièce mixte pour le grand marimba de concert cinq octaves représente un véritable défi pour l’imagination : je n’ai jamais connu un instrument d’apparence plus pauvre, du point de vue de son timbre, que celui-ci.

J’ai bien dit d’apparence parce que, après l’avoir échantillonné avec Laurent Mariusse dans les studios du Grame de Lyon, après avoir isolé chaque son produit avec différentes qualités de baguettes et différentes nuances, sur chacune des lames en palissandre d’Honduras de l’instrument ; après avoir sélectionné chaque échantillon, les avoir coupé, nettoyé et normalisé, j’ai appris à aimer le son du marimba et j’ai appris à comprendre l’intimité absolue qui anime et imprègne chacun des sons qu’il est capable de produire.

Et comme si un seul marimba ne suffisait pas à combler les passions générées par ce nouvel amour, j’ai construit un marimba virtuel capable d’être joué par un Laurent Mariusse tout aussi virtuel. Un double avatar pour réaliser un projet de pièce mixte ou la question de la similitude, de la réflexion, de la répétition, est une problématique naturellement centrale que j’ai bien décidé, ici, de ne pas éluder.

Daniel D’Adamo

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