Archives de catégorie : Spectacles

Voyage dans la Lune – Ciné concert

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Dossier voyage dans la lune, c’est ici !!!!!

VoyageDansLaLune1016

 

 

Teaser voyage dans la lune4 from Art Zoyd on Vimeo.

Teaser Voyage dans la Lune  from Art Zoyd on Vimeo.

Création
Mardi 03 mai 2016 à 19h,
au Phénix, scène nationale de Valenciennes (59)

Reprise le 15 novembre 2016 en version tout public à l’Onde Velizy Villacoublay

Une production de Art Zoyd
Musique : Gérard Hourbette, Xuan Mai Dang, André Serre-Milan
Avec :
Romuald Cabardos : percussions sampler

Daniel Koskowitz : percussions samplers

Nadia Ratsimandresy : Ondes Martenot
Barbara Dang: Harpe laser, Clavier, samplers

Voyage dans la Lune est un projet de ciné-concert autour d’une sélection de films courts et colorisés des années 1895-1910.
Voyage dans le Lune est à la fois voyage dans le temps et voyage dans une société décalée, parfois surréaliste, mais le plus souvent emprunte d’une réalité burlesque ou grossière.

Ce spectacle musical destiné au tout public, permet de découvrir ou redécouvrir ces films du début du XXe siècle. Accessible aux enfants dès 10 ans, il est simultanément une ouverture à la musique contemporaine électroacoustique et au patrimoine cinématographique.

« Faire sa musique, faire son cinéma… on pourrait aussi dire faire son cirque avec du cinéma ? C’était mon idée de départ : « bruiter » ce cinéma de 1900, clownesque, je veux dire burlesque et saugrenu. Ce cinéma invraisemblable fait de bric et de broc, de clowns, de femmes à moustache, d’illusions, de théâtre d’objets qui s’envolent ou disparaissent : ce cinéma de Méliès et de ses contemporains, Chomon, Velle, Deslow, R.W. Paul…
L’idée m’est venue de mettre en musique, ou plutôt donc en
« bruit », ces films, miniatures ou « bobines »… j’en ai visionné près de cent, des années 1895 jusqu’aux années 1910 et après.
Mon envie au final est de passer du rire forcé à spontané, incongru et de rêver aussi à des voyages inspirés par Jules Verne  ou à des cabarets magiques dans des univers de carton-pâte…
J’ai aussi proposé à une jeune compositrice, Xuân Mai Dang, et à André Serre-Milan de participer à cette aventure, en leur demandant d’écrire la musique de certains de ces petits films qu’ils choisiraient pour leurn propre jardin secret. Quatre musiciens sur scène (claviers, électronique, pads et percussions), deux écrans intégrés dans ce décor, servant à la projection des films : tantôt le même film sur les deux écrans tantôt sur l’un ou l’autre, tantôt deux films se chevauchant… »

Gérard Hourbette

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Vampyr – ciné-concert

vampyr56314Ciné-concert,

Créé le 28 juin 2014 dans le cadre du Festival Jazz et Musique improvisée
en Franche-Comté.

Fiche tech VAMPYR 09 2014

Dossier Vampyr français

« En fait le Vampyr de Dreyer appartient déjà à la période du parlant. J’ai simplement souhaité le traiter exactement comme un chef d’œuvre du cinéma muet, juste en réécrivant une bande-son imaginaire… Le vampire a quelque chose de très contemporain, d’actuel. C’est en quelque sorte le symbole infernal de ces formes sournoises que sont peut-être l’épidémie, la contamination ou certaines formes de prosélytisme…
J’aime le cinéma muet pour plein de raisons : privé de parole sinon de texte, il dit et raconte par la seule force de l’image, et laisse donc une place vacante à un possible discours sonore, véritable medium, parallèle ou adjacent. Le film, pour moi, devient une sorte de trame sur lequel un nouveau commentaire (musical), un éclairage étranger, une nouvelle approche (sonore), une interprétation vont pouvoir (co)exister… Car c’est pour moi le grand pouvoir de la musique d’accélérer, ralentir, interroger, suspendre, commenter, précéder, tarder, redire, devancer, s’effacer… Une autre raison, c’est qu’à mon sens, la musique d’aujourd’hui éclaire ces chefs d’œuvre de façon nouvelle et les remet dans le contexte d’un présent plus violent et déstabilisant. »
Gérard Hourbette

vampyr84285Sur une nouvelle musique d’Art Zoyd (live) Musiques, conception et direction : Gérard Hourbette
Avec
Yukari Hamada-Bertocchi, claviers, capteurs, sampler
Nadia  Ratsimandresy : ondes Martenot
Romuald Cabardos, percussion, pads, sampler
Daniel Koskowitz, percussion, pads, sampler
Jérôme Soudan ‘Mimetic’, percussion, pads, sampler
Direction technique : Sylvie Debare
 

Movie concert,
2014 creation

« Dreyer’s Vampyr belongs to the sound flm era. I just wanted to treat it as a masterpiece of silent flm, just by rewriting an imaginary sound track. There is something very contemporary, very modern about vampires. They’re a sort of hellish symbol of insidious phenomena such as epidemics, contaminations or some forms of proselytism. That’s what Murnau’s Nosferatu was all about, wasn’t it? To my mind, Dracula is similar to Murnau’s flm and emphasises the temporal, theatrical aspects of the character even more. After our Nosferatu, I didn’t want to do the same thing again. What interests me in Dreyer’s Vampyr is actually that the vampire is hardly visible. The character is an elderly lady, who is summoned by a group of very strange people. Dreyer is more interested in greyish landscapes, uncertain characters that he draws into a never-ending, macabre whirl. » Gérard Hourbette – june 2011

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À demi endormi déjà – Jeune public

a demi scene tete femmeConte musical dessiné, à partir de 7 ans

A découvrir :
Mardi 01 mars 2016 à 10h et 14h,
Mercredi 02 mars à 15h30,
Jeudi 03 mars à10h et 14h,
au Phénix, scène nationale de Valenciennes (59)

Dossier A demi endormi déjà

Fiche technique À demi endormi déjà

Texte, dramaturgie et collaboration artistique : Célia Houdart
Musique : Gérard Hourbette
Bande son : Sébastien Roux
Dessins : François Olislaeger

 

« La Montagne noire. »

« À propos des terrils, Célia Houdart évoque des tumulus… Or les tumulus sont des monticules artificiels recouvrant une sépulture. Les terrils seraient donc comme des montagnes noires qui seraient, elles aussi, comme de mystérieux promontoires, rappelant la mémoire de quelque activité minière disparue ou ensevelie… On cherchait une idée de spectacle à base d’images, invitant un public d’enfants à un conte moderne et usant des technologies, flirtant avec le fantasque et le fantastique, mêlant la présence de musiciens sur scène et des images, qui ne pouvaient être ni cinéma, ni vidéo abstraite, avec un texte dit par des comédiens pré-enregistrés, donc invisibles…
Quand Célia a proposé cette sorte de dérive poétique, un conte sur, et autour des terrils noirs, j’avoue avoir été surpris. Ici, dans notre nord, il évoquent tellement un passé industriel lourd de significations grises et maussades, et sont tellement ancrés dans l’image morne qu’on prête et véhicule à l’envi aux plats pays du nord… Puis j’ai lu son intrigue, et j’ai compris que ce terril recouvert d’arbres entrevu par une fenêtre pouvait être le plus beau point de départ de notre histoire, mêlant la mémoire des vies d’autrefois et les contes et ses archétypes de toujours… Les contes naissent souvent du quotidien dont surgit « l’anormal » : la fantaisie ou la satire… L’allégorie ou la fable… La musique, c’est tout cela, l’allégorie et la fable, la fantaisie ou la satire, ce qui n’est ni dit, ni montré, et même le silence entre les images et les échos des voix enfuies… Pour moi un spectacle pour un public notamment d’enfants, c’est accepter de composer avec cette faculté qu’a ce public particulier de s’émerveiller sans a priori ou référence, cette sorte d’aventure permanente qui est la marque de la liberté et de la découverte. »
Gérard Hourbette – janvier 2010

Avec : Yukari Bertocchi-Hamada (claviers, samplers), Nadia Ratsimandresy (ondes Martenot, clavier)

Et les voix de : Agnès Pontier (la narratrice, Cirius et Madame Arp), Laurent Poitrenaux (Matisse, Doubleday, Monsieur Arp et un choucas), DD Dorvillier (Marguerite), Jeanne Heuclin (Madame Fanfarlo), Guillaume Rannou (le joggeur et Monsieur Clape), Isabelle Pichaud (Lautrec), Tout le monde (les alchimistes)

Animation : David Epiney — Conception et réalisation d’électroniques et vidéo temps–réel : Carl Faia & Florent Meunier — Stylisme : Virginie Gervaise — Direction technique & régie générale : Sylvie Debare — Son : Florent Meunier — Backline : Florent Meunier Directrice de production : Monique Vialadieu Chargée de production et diffusion : Charlotte Auché  Production : Art Zoyd, en coproduction avec le théâtre de l’Agora, scène nationale d’Evry et de l’Essonne, l’Allan, scène nationale de Montbéliard‐[ars]numerica et Le Phénix, scène nationale de Valenciennes dans le cadre du projet VOX, Opéra Populaire des Hainauts, avec le soutien des fonds européens Interreg IV, de la Région Nord‐Pas de Calais, de la Drac Nord Pas‐de‐ Calais, du département du Nord, de l’Agglomération Valenciennes Métropole et de la Ville de Valenciennes. Ce texte a reçu l’Aide à la création du Centre National du Théâtre, de la SACD, dans le cadre du dispositif des musiques de scène. Avec la participation des studios de « la Muse en Circuit » et du « GRM ». Ce texte a reçu l’Aide à la création du Centre national du Théâtre. .

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Videos : teaser et interviews .

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44 1/2 ! Concert anniversaire

Concert anniversaire

Dossier de présentation
Communiqué de presse

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Article de Stéphane Fougère – Rythmes croisés

Créé le 19 septembre à Carmaux, dans le cadre du RIO 2015.

Nous (Art Zoyd, « groupe ») avons un projet (assez) formidable pour 2015, dans le sens où il va de ce côté « historique » d’Art Zoyd, que, plusieurs fois, nous avons évoqué… et qui est un véritable événement, puisqu’il concerne la vie entière du groupe (solide et pas moins immuable depuis 1969 (échelle du début) ou 1971 (échelle du rescapé).

Ce projet s’inscrit dans nos désormais 44 ans ½ d’Art Zoyd, ou 45 ans moins le quart.

[Dans ce même cadre, nous sortirons pour la fin 2015 – début 2016 un coffret de onze CDS d’inédits, dont des live, musiques pour théâtre, ballets, expositions, évènementiels.]

Mais ce n’est pas le propos. Voici donc le projet :

En effet, nous préparons un grand concert (d’ores et déjà programmé à Carmaux près d’Albi au festival RIO (« rock in opposition), à Bourgoin-Jallieu aux « Abattoirs ») (bigre quel nom !^^) et qui pourrait rebondir dans de multiples lieux.

Les musiciens seront neuf, ou dix, selon que je me compte ou pas… :

4 du groupe actuel (2 claviers dont onde Martenot, 2 percussionnistes (voir line up) + Thierry Zaboitzeff  (bassiste, violoncelliste et compositeur de 1971 à 1996), Jean-Pierre Soarez (trompettiste de 1976 à 1985), Serge Bertocchi (saxophones), 1 violoniste / altiste (Michael Nick), et Daniel Denis d’Univers Zéro (percussion & pads)….

L’idée est de prouver que  ces musiques écrites au tournant des années 70, 80 à aujourd’hui peuvent être des pièces de répertoire, donc, à ce titre être rejouées à l’envi, trouver de nouveaux interprètes et de nouvelles réalisations virtuoses ou imaginatives…

Un parcours, forcément un peu chronologique, de pièces certainement faisant figure de références, sinon – oserais-je répéter ?: – « cultes »… (Preuve leur longévité sur disques ou Cds, lesquels continuent, 20 ou 40 ans après, à être vendues, commentées, rééditées …

Cette idée de rejouer de « vieilles » pièces est une (très) « vilaine » pensée qui courait dans ma tête depuis longtemps. Mais pas seulement : elle courait aussi dans la tête de mon compère Thierry Zaboitzeff, éclipsé en 1997…

Les pièces sont encore en cours de réorchestration et de répétitions pour un total de deux heures et quelques.

L’évènement marquera non seulement les « retrouvailles » avec Thierry – après 18 ans –  mais aussi du trompettiste d’origine, Jean-Pierre Soarez, avec la complicité attentive de Daniel Denis, fondateur d’Univers Zéro, et présent sur de nombreux concerts et albums du début.

Ce concert ne comportera que des pièces du répertoire d’Art Zoyd, allant de Symphonie pour le jour où brûleront les cités … à La Chute de la Maison Usher, en passant par Nosferatu, Berlin, Marathonnerre, Phase IV etc. 

C’est un projet unique, à la mesure d’un événement comme « 45 », « 50 ans », « 60 années », « cent ans » etc.

Une véritable cérémonie, une fête (parfois de magie – noire), un festival de pièces traversant les styles, et les genres, les instrumentariums, … et révélant les complicités de gens n’ayant plus joué ensemble depuis longtemps, ou ne s’étant même jusqu’à aujourd’hui jamais rencontrés…

(Gérard Hourbette – Art Zoyd – 2015

Art Zoyd 84

Fragments de :

  • Symphonie pour le jour où bruleront les cités,
  • Phase IV,
  • Espaces inquiets,
  • Le mariage du ciel et de l’enfer,
  • Berlin,
  • Nosferatu,
  • Marathonnerre,
  • Faust,
  • Ubique
  • Metropolis
  • La Chute de la Maison Usher

 

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Un grand MERCI à nos contributeurs :

Merci à, Thanks to Bertille Coudevylle, Charlotte Zisseler,Jo Bertiaux, Michel Besset,Esteban Fernandez, Serge Bertocchi, Xuan Mai Dang,Patrice Hédon, Danièle Hourbette, Philippe Colin, Claire Payement, Bernard Makowka, Laurent Guidez, Henri Fabries,Eric Chastanier,un beau matin production, Jane Goldshlager,Joel Contival,Aria Primitiva, Jacques Pupponi, Macros Noedes,Ariele Monti, Patricia Gorka,jr82,Olivier Fromentin, Nosca Piz,nangmaprod,juliette llinares, Espace Pasolini de valenciennes,Eric Tessier, Monique vialadieu,David Sieber, Anne-Claude Iger,Flytomars,Florian Gracy,Brunhild Ferrari, Gérard Tommasini, Charles de Mulder,Eduardo Valverde, Claire Depaule-Roux,Luke Manolenta, Bldine,Patrice Houbette,Clarisse Bardiot, Anne Bierna, Nadine Jadin Pouilly, Thomas Letouze, Maxence Bilski, Jérôme Janvrin, Jean-François Devanneaux,usul-3,Jens Oehlerking,David Sieber again ^^,Udi Koomran,turkovics, Sophie Domer, Jean-Pierre Soarez, Anne-Laure Fleurette.

Un projet de Gérard Hourbette & Thierry Zaboitzeff

Art Zoyd + guests FEATURING :

Serge Bertocchi, saxophones – Romuald Cabardos, percussion, pads – Daniel Denis, percussion, pads – Yukari Hamada-Bertocchi, claviers – Gérard Hourbette, samplers – Daniel Koskowitz, percussion, pads, guitare – Michael Nick, violon – Nadia Ratsimandresy, claviers, ondes Martenot – Jean-Pierre Soarez, trompette – Thierry Zaboitzeff, basse, violoncelle, voix

Sylvie Debare, direction technique, régie et création lumière

Pierre Sampagnay, son – Florent Meunier, backline

Bertille Coudevylle, production, diffusion
bertillecoudevylle@artzoyd.net – +33 (0)6 63 76 80 23

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Trois rêves non valides

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Trois rêves non valides Inspiré par Philip K. Dick Tryptique musical pour scénographies d’images de Christian Châtel, Serge Meyer & Pierrick Sorin Une idée de Gérard Hourbette Un projet d’Art Zoyd, création 27 mars 2013 au Grand R, scène nationale de la Roche Sur Yon, le 9 avril au Théâtre de l’Agora à Evry, Scène Nationale de l’Essone, le 14 mai à Hippodrome Scène Nationale de Douai, Et le 27 novembre au Phénix Scène Nationale de Valenciennes Avec Yukari Bertocchi-Hamada – clavier, capteurs Romuald Cabardos : percussion, pads Daniel Koskowitz : percussion, pads Nadia Ratsimandresy : ondes Martenot, capteurs Perle Palombe : performeuse/ chanteuse Direction technique : Vincent Rutten Une production dʼArt Zoyd en coproduction avec le Phénix, scène nationale de Valenciennes, la Filature, scène nationale de Mulhouse et Le Grand R, scène nationale La Roche sur Yon. Production cofinancée par PICTANOVA. Avec le soutien des fonds européens Interreg IV dans le cadre du projet VOX pour les maquettes de Serge Meyer et Christian Châtel et du projet ESH pour la réalisation du projet, de la SACEM, de la DRAC Nord-Pas de Calais, de la Région Nord-Pas de Calais, du Département du Nord, de lʼAgglomération Valenciennes-Métropole et de la Ville de Valenciennes, du Conseil Régional Nord-Pas de Calais, de Lille Métropole Communauté Urbaine, de la CCI Grand-Hainaut, du Centre National du Cinéma et de lʼimage animée. Avec lʼaide du Dicream, aide à la maquette et de la spedidam. Remerciements au Théâtre de lʼAgora, scène nationale dʼEvry et de lʼEssonne et à LʼHippodrome, scène nationale de Douai. ——-

Perle Palombe

Trois rêves. Trois hantises. Trois surgissements. Pour fil conducteur : la musique. Imaginer trois propositions scénographiques radicalement différentes sur la musique de Gérard Hourbette, interprétée en direct par Art Zoyd, liées à lʼunivers désaxé et déroutant, de lʼécrivain américain Philip K. Dick (1928 – 1982) : telle est lʼambition du nouveau projet porté par Art Zoyd. Le fantasme, la disparition, la distance au réel… ce que lʼon croit tangible… les choses ou les gens qui s’effacent… Autant de thèmes qui ont fait de Philip K. Dick lʼun des auteurs de science-fiction les plus célèbres de la seconde moitié du 20è siècle. Dans des nouvelles telles que Souvenir à vendre ou des romans comme Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (adapté au cinéma sous le titre Blade Runner), Le Maître du Haut Château, Le dieu venu du Centaure ou encore Ubik, Philip K. Dick ne cesse de plonger ses héros dans des mondes aux réalités volatiles, insaisissables et multiples, dans un univers de simulacres et dʼillusions. Rien ne prouve que la réalité telle que nous lʼéprouvons ne soit pas une illusion. Dans ces univers incertains, étranges et déphasés, il est difficile de démêler le vrai du faux, le rêve de la réalité. Ces thèmes, ces paysages, hantent depuis ses débuts lʼoeuvre musicale de Gérard Hourbette. La référence plus ou moins avouée aux oeuvres de Dick tisse un fil rouge sous-jacent entre de nombreux projets : Simulacres (1976), Cryogenèse – Les portes du futur et Rêve artificiel dans Le mariage du Ciel et de lʼEnfer pour un ballet de Roland Petit (1984), Ubique (2000). Gérard Hourbette sʼempare à nouveau des thèmes de prédilection de Dick pour produire un spectacle immersif. Par ailleurs, depuis plusieurs années, la question de lʼimage est au coeur de ses spectacles, que ce soit dans la création de compositions pour des films ou dans la collaboration avec des vidéastes pour des créations originales.

Yukari Bertocchi Hamada

Trois rêves non valides prend pour point de départ les univers étranges/étrangers de Dick et la collaboration du compositeur avec trois scénographes dʼimages. Il ne sʼagit pas dʼadapter trois nouvelles ou trois romans spécifiques mais plutôt de partir de réminiscences de lʼoeuvre du romancier pour mieux explorer lʼétrangeté de nos propres mondes. Derrière un tulle, en fond de scène, les musiciens deviennent dʼétranges créatures, mi-réelles mi-fantastiques, oeuvrant dans un laboratoire aux machines hallucinées. A la fois êtres de chair et êtres virtuels, on hésite sur la nature de leur présence. Comme sʼils se transformaient en images dʼeux-mêmes, sous nos yeux incertains. Devant eux, suspendues dans les airs, trois dispositifs inédits font surgir des images, des visions, des rêves. Les trois rêves sont ceux de trois scénographes et manipulateurs dʼimages – Christian Châtel, Serge Meyer et Pierrick Sorin. Chacun choisit un extrait, une citation, de lʼoeuvre de lʼécrivain. Écrit, projeté ou prononcé, cet extrait est éclairé, dissimulé, amplifié ou détourné. Il est la trame sur laquelle chaque rêve se déploie. Chaque scénographe propose un dispositif scénique qui explore le surgissement du rêve, le surgissement de lʼimage. Pas dʼécran traditionnel, mais une exploration des modes de présence/absence de lʼimage, en utilisant des dispositifs de projection spécifiques (écrans recouverts de phosphore, 3D… ) qui ont un seul et unique objectif : entrer dans le rêve, se laisser submerger par les univers oniriques proposés. Lʼimage nʼest pas ici enfermée dans les contours dʼun écran. Ce faisant, lʼemplacement du musicien, son rôle, ses registres de présence sont également interrogés. Avec trois réponses différentes. Chaque scénographe compose ainsi sa scène (dʼune durée de 20 à 30 mn environ), sa propre structure, sur la musique de Gérard Hourbette. A few questions to GÉRARD HOURBETTE Comment définiriez vous d’abord ce projet en quelques mots ? Il s’agit d’un concert ? D’un spectacle avec vidéo ? Je voudrais que ce ne soit pas un « spectacle ». Plutôt une interrogation, et une immersion. J’aime les choses qui immergent, comme la musique par exemple. On « entre » dans un rêve. À partir de là, ce n’est pas moi qui ai les réponses. C’est l’hypothèse de départ, le préalable à « l’action » scénique : une phrase énigmatique peut-être et un monde en suspension porté par les artifices du théâtre ou de la technologie. Je crois à la puissance du « verbe poétique », à la puissance de la musique et à la puissance de l’image… Pas de « mode d’emploi » … Et dans les outils vous êtes dans le numériques mais plutôt, low ou high tech ?  Dans votre musique mais aussi avec les artistes que vous avez choisis ? Quelle importance cela a-t-il pour vous ? Je suis « low ». De toute façon, nous sommes tous sommes tous « low », ou nous le deviendrons , même si nous nous targuons de « high ». Bof, en fait, je m’en fous. Dans le texte de présentation on lit une référence au monde de Philip K Dick, vous y revenez souvent, en quoi vous inspire-t-il ?DID_6545 Je n’ai pas lu le texte de présentation. Quelle phrase ?, Celle qui dit d’aller « sauter dans l’urinoir pour y chercher de l’or » ? J’aime lire et régulièrement je relis Dick, c’est toujours pour moi une source « d’images », je crois que ma musique vient de l’image, en tout cas qu’elle en dérive… La littérature de Dick, c’est l’idée que je me fais aussi du monde des villes. Et des vies humaines. Vous avez déjà une idée de la musique ? Où vous allez la construire avec les scénographes ? Je n’ai jamais d’idées. Ou bien je crois en avoir. De toute façon, j’efface et je recommence, et parfois je réutilise. Je suis un effaceur et un récupérateur. Difficile en ce cas de dire si j’ai une idée. J’en ai tant que de toute façon, je les effacerai. Je reconstruirai avec les scénographies. Après on verra ? Vous faites souvent référence à la place des musiciens sur une salle de spectacle ?  Votre musique est très complexe et le groupe tourne autour de 4 ou 5 personnes pouvez vous nous expliquer, votre conception de l’interprétation de votre musique ? Vous avez l’air de dire que la musique pourrait aussi exister sur bande dans ce projet sans musiciens physiquement présents sur scène ? Non, j’ai juste dit au contraire une fois que j’aimerais, un jour, faire un projet « à voies réelles », c’est à dire. un musicien par « voie », ce qui pourrait impliquer évidemment plus d’une centaine de musiciens et plusieurs chœurs et orchestres dans le lointain, sans compter les fumées et sirènes d’usine, l’autoroute à gauche et le petit clavecin à droite. Bon, je plaisante évidemment. Je ne réfléchis jamais à qui va jouer la musique en train de s’écrire… Je crée tout sur ordis et fais feu de tout bois… Je me pose la question de l’exécution scénique après, même si je connais bien mes musiciens et leurs capacités. Je prépare tous les sons, les phrasés, les événements, je les distribue dans les machines tant que faire se peut, « j’orne » avec l’acoustique, les percussions, les métaux, j’intègre les bruits et les sons, les glissements de ton et de timbres qui sont pour moi comme des glissements de terrain. Puis j’avise. Nous travaillons ensemble avec les musiciens, étroitement. On essaye de réguler et organiser tout ce maelström… On corrige ensemble, modifie, polit…

Perle Palombe

Comment avez vous choisi les scénographes qui vont travailler avec vous et qu’est ce qui vous intéresse dans leur travail. Vous avez déjà une expérience longue dans le rapport musique image, avec le cinéma muet mais aussi avec la vidéo avec des projets comme «  Le Champ des larmes », « Kaïro », vous attendez quoi de ces trois visons ? Je ne les ai pas choisis, je les ai rencontrés ou on me les a fait rencontrer, ou quelqu’un m’a dit que je pourrais les rencontrer ! Sérieusement de ce projet, j’attends un passage et une nouvelle étape. Je ne suis jamais satisfait de mes ancien(ne)s « œuvres » ou « travaux » (et c’est certainement tant mieux). Cette fois, je rêve encore plus, comme déjà dit, d’immersion. Pour moi l’art est « immersif ». En tout cas c’est comme cela que je le pense, que je l‘aime et que je voudrais le concevoir. À mon humble avis, c’est important de travailler avec des gens, des artistes, des opinions, des goûts, des arts différents. J’ai d’abord rencontré Christian Châtel et immédiatement j’ai été pénétré par son univers fait de bric et de broc, utilisant d’anciennes machines : comme de vieux projecteurs de cinéma, tables de montage. Je me sens concerné par sa réflexion sur « l’effacement », le souvenir,  j’aime son travail sur les traces, et donc la perte aussi de ces traces, des souvenirs, du mémoriel ou du sensoriel. Il se sert aussi d’écrans au phosphore qui gardent l’empreinte des corps ou des images, y compris lorsque ces corps ou ces images sont retirés, jusqu’à ce qu’ils disparaissent une seconde fois. Ça me rappelle « Ubik » de Ph. K. Dick justement, où des personnages se croyant vivants, sont placés en cryogénisation après un décès accidentel, et vivent dans un monde qu’ils croient réels, lequel part peu à peu en lambeaux jusqu’à ce qu’eux mêmes deviennent poussière. De Serge Meyer, à qui j’ai été récemment présenté, je suis sensible aux concepts, objets et matières pour renouveler les espaces de projections, inversant le sentiment de haut ou de bas, effaçant le sol. Sa proposition de projeter sur un mobile fait de milliers de boules figurant des pixels m’intéresse au plus haut point.  Il s’agit toujours quand je rencontre un artiste de confrontations enrichissantes humainement et intellectuellement. Ces collaborations me semblent d’autant évidentes. Ainsi dans le cas de Serge Meyer, je sais déjà que nos préoccupations sur l’espace scénique, la présence humaine, le vertige, se rejoignent. Enfin, je suis extrêmement impatient et curieux de travailler avec Pierrick Sorin que je connais depuis longtemps. Je suis doublement enthousiaste, parce que j’aime son travail qui flirte avec le saugrenu, l’humour décalé et les artifices, et par conséquent, parce que je pense qu’il pourra s’emparer de cet « projet dickien » et y amener une patte toute personnelle et dérangeante. N’est-il pas aussi manipulateur d’univers… ? Vous n’avez pas peur que le public soit perdu, perde le fil ? Où va se placer l’unité ? Quelle unité ? Vous voulez parler de  « l’harmonie du monde », de « l’harmonie du théâtre » ? Pour moi, il n’y a que l’harmonie du « désastre ». Du chaos naît l’incandescence; et un monde ne se recrée que sur les reliefs d’un autre. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas « le sens », ni « le fil ». Le vrai « fil » c’est celui qu’on perd, ou qu’on a perdu depuis longtemps. (Rires) Bon, disons que la musique sera le fil et l’unité ? Vous parlez souvent de bascule quand vous décrivez vos spectacles, de surprendre le public, c’est important pour vous ? Oui. Euh… non. Bon oui, j’adore les bascules. Le monde est fait de bascules, de tremblements, de coups et d’à-coups. Je n’aime pas – en ce que j’écris – ce qui est trop lisse et facile. Le monde n’est ni lisse ni facile. En tout cas, c’est mon avis. Ce qui m’intéresse dans l’art c’est cette représentation symbolique des mondes que nous pressentons plus que nous vivons. Des mondes en déséquilibre. Si ce n’était pas le cas, je veux dire si je me trompais : que la place de l’art est de lisser, consoler, calmer et emplir de beauté et de sérénité, je crois que je préfèrerais m’abstenir car je suis incapable d’égaler, même à cent mille kilomètres, des Josquin, Morales ou autres, qui apportent tant d’harmonie et de perfection. Quelle est la vison du spectacle que vous rêvez de créer ? Et que vient-on chercher au spectacle d’après vous aujourd’hui ? Quels sont vos créateurs préférés ? Un spectacle où on ne se croirait pas au spectacle, ça serait bien, non ? Je disais que je n’étais pas intéressé par le « sens » dans un spectacle, ou pour qui le regarde… Pourtant c’est bien le « sens » qu’on cherche tous. Ne pas en donner, c’est quelque part le rechercher. Moi aussi, je cherche le « sens ». Mes auteurs préférés, sont ceux qui cherchent le « sens ». Je ne citerais personne car j’aime trop de monde. Et puis j’en oublierais. Et puis ce dossier serait d’ailleurs quinze mille fois trop long. Mais j’aime autant d’écrivains que de compositeurs ou cinéastes, et aussi des peintres, architectes, (…) ! Mais aussi les gens. Les gens m’émeuvent. Mais pas seulement les gens. Vous souhaitez présenter ce spectacle à l’étranger aussi ? Voulez dire chez les martiens ? Ou vous voulez rire ?

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Three invalid dreams

With : Yukari Bertocchi-Hamada : keyboard, sensors Romuald Cabardos : percussions, pads Daniel Koskowitz : percussions, pads Nadia Ratsimandresy : ondes Martenot, sensors Perle Palombe : performer

A multimedia show involving music, vidéo, cinéma and digital scenographies. Duration: 55mn Artistic Direction and Music : Gérard Hourbette – Art Zoyd Scenographies : Christian Châtel, Serge Meyer, Pierrick Sorin Assistant of the Artistic Direction: Clarisse Bardiot Technical Director: Vincent Rutten Lights : Annie Leuridan Sound: Xavier Bordelais Software design : Carl Faia & Florent Meunier Backline: Florent Meunier

Head of Production: Monique Vialadieu Touring: Charlotte Auché

A few questions to GÉRARD HOURBETTE——-

How could you define this project in a few words? Would you call it a concert? I would prefer it not to be classed as a « show ». It is more of an exploration and immersion. I like things in which one can immerse oneself, such as music

for example. We « enter » into a dream. But after that, it’s not me who has the answers. It is just a starting point, the prelude to the scenic « action »: an enigmatic sentence perhaps and a world in suspension aided by the artifices of the theatre or technology. I believe in the power of the « poetic word », the power of music and the power of images.

The introductory text mentions the world of Philip K. Dick. How did it inspire you? I love reading and often read books by Dick; they are always a source of « images ». I think that my music originates from images, in any case it derives from them. Dick’s books conjure up the same idea I have of urban life. And human lives.

Have you already some ideas about the music? I never have any ideas. But at least I think I have something. In any case, I often scratch things and start again, and sometimes re-use things. I like scratching and re-using things. You see how it is not easy to say if I’ve got an idea. Any even if I had, I would scratch it out. I will reconstruct according to the scenographies. And then take it from there.

You often talk about the position of the musicians on the stage. How do you conceive the way your music is played? You seem to suggest that the music could be recorded and the musicians eliminated from the stage? Absolutely not. On the contrary, I once said that I would like to do a project with « real tracks », that is one musician per « track », which would mean having around a hundred musicians and several choirs and orchestras in the distance, not to mention the smoke and sirens of the factories, the motorway on the left and the little harpsichord on the right. I’m joking of course. I never think about who will play the music that is busy writing itself. I create everything on computer and use all the resources available to me. I only think about how it will be staged afterwards. I prepare all the sounds, the phrasing, the events and share them out among the machines as best as I can, then I « embellish » it all with percussion, metal instruments and add the noises and silences, the sliding pitches and tones which are like landslides for me.  Then I stand back from it. We work very closely with the musicians. We try to regulate and organize this maelstrom…We tweak it, make some changes and polish it up.

How did you choose the scenographers? You have already had lots of experience in combining music with images, with silent movies as well as with video as in projects like Le Champ des larmes or Kaïro.  What are you expecting from these three different approaches? I didn’t choose them. Either I met them, was introduced to them or someone told me I could meet them! Seriously though, I hope that this project will mark a turning point. I am never satisfied with my previous « works » (which is no doubt a good thing). This time, I’m dreaming even more of immersion, as I’ve already said. Art is « immersive ». That is how I see it, how I like it and would like to do it. In my humble opinion, it is important to work with different people, artists, opinions, tastes, arts… I first met Christian Châtel. I was immediately won over by the way he constructs his world from bits and pieces and uses old machines (old film projectors, editing tables, etc.). He uses phosphor screens that retain the imprint of bodies or images, even once they are removed, until they disappear a second (and last) time. His work on « disappearance » and memory is also one of my own interests. I am fascinated by his work on traces, and the loss of remembered or sensed things. We can’t help but recall Dick’s Ubik in which some characters, thinking they are alive, are cryogenized after an accident. They live in a world that they think is real but which is really falling apart, until they themselves begin to disintegrate. As for Serge Meyer, I admire his concepts, and the objects and materials he uses for re-thinking the projection space, reversing our perception of top and bottom and making the floor disappear. I am particularly excited about his idea to project onto a mobile made of thousands of small balls made of pixels. I already know that we share the same ideas about the scenic space, the human presence and vertigo. And finally I am really looking forward, and curious, to work with Pierrick Sorin who I have known for a long time. I am doubly enthusiastic, firstly because I really love his work which verges on the burlesque, with zany humour and stage effects; and also because I know that such a project on Philip K. Dick will capture his imagination, absorb him totally and that he will bring his own personal and outlandish touch to it. He is also a manipulator of worlds…

As regards technology, are you rather low or high tech? I am for low tech. We are all low tech – or end up being so; even if we claim to be and surround ourselves with high tech. To tell you the truth, I don’t really care.

Are you ever afraid that the audience will get confused? Or wonder how to create a sense of unity? What unity? Do you mean « world harmony »? For me the only harmony is that of « disaster ». Chaos gives rise to incandescence, a world will be reborn from the relief of another world. What I am interested in is neither the « meaning » or the « thread ». The only real « thread » is the one we lose, or that we lost long ago. Well, we could say that it is the music that provides the unity and the thread.

You often speak of a swing effect when you describe your performances. Is it important for you to surprise your audience? Yes.  Well… no actually. I love swings. The world is made of sways, quakes, knocks and jerks. I don’t like things that are too smooth and easy. The world isn’t smooth and easy. In any case, that’s my opinion. What I am interested in in art, is the symbolic representation of worlds that we can feel rather than experience. Worlds unbalanced. If this is not the case, I mean that if the role of art is to smooth things over, console, calm and fill us with beauty and serenity, I think that I’d better keep away from it as I’m not capable of that.

What would be your ideal or dream performance? A performance where the audience doesn’t realize it’s a performance would be good, wouldn’t it? I was saying that I wasn’t interested by « meaning » in a performance… But in the end that’s what we are all looking for. By not giving a meaning to something, we are in a way looking for one. I am looking for the « meaning » too. The artists I prefer are those who are looking for this « meaning ». I won’t mention any names because there are too many. And I would forget some of them. And we would end up with something way too long. I like as many writers as composers or film-makers, and even painters, artists, architects – even if I don’t know much about art. And people too. I am moved by people. And not just by « human » people.

Would you like to perform this show abroad? Do you mean on Mars?

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